Et s’il était possible de se passer des circuits traditionnels de distribution pour obtenir une alimentation plus saine, de façon plus écologique et plus responsable ? Découvrez 5 manières alternatives de se procurer sa nourriture de façon à mieux s’alimenter.

De plus en plus, on observe une défiance des consommateurs vis-à-vis des acteurs institutionnels de l’agro-alimentaire. Que ce soient les industriels ou les acteurs de la grande distribution, les géants du secteur alimentaire sont montrés du doigt pour des pratiques parfois douteuses. Ainsi, le scandale de la viande de cheval, celui de la dioxine, ou encore celui des marges de la grande distribution n’en finissent plus d’agiter la toile et les débats des consommateurs avertis.

Désormais, les consommateurs veulent savoir ce qu’ils mangent. Ils veulent éviter des produits fabriqués à l’autre bout du monde, éviter les produits parfois toxiques, cancérigènes ou dangereux pour la santé qui sont ajoutés dans les produits alimentaires transformés (pour en savoir plus, consultez notre article : Comment notre alimentation est-elle devenue toxique ?). Désormais les consommateurs veulent une agriculture et une agro-alimentaire plus raisonnée, locale, et plus saine et écologique (voir notre article : Alimentation : les consommacteurs plébiscitent la permaculture). Hélas, les alternatives sont parfois difficiles d’accès : plus de 70% du marché de l’alimentaire passe par la grande distribution et les circuits traditionnels. Malgré tout, de plus en plus d’initiatives alternatives se mettent en place. Découvrez 5 manières de se procurer son alimentation de façon alternative, plus écolo et plus responsable.

1 – Les nouveaux acteurs de la distribution alternative

Parmi les grosses figures de proue du mouvement citoyen qui veut changer notre façon de manger, on trouve les nouveaux acteurs de la distribution alternative. Ces entreprises toutes jeunes (qui ont souvent moins de 10 ans) proposent de fournir les consommateurs en produits frais, de qualité, souvent locaux, et se posent comme une alternative aux géants de la grande distribution.

Le plus connu de ces circuits est La Ruche qui Dit Oui, qui propose de faire ses courses via son site web auprès de producteurs locaux (dans un rayon de 200 km autour du point de vente) et de venir récupérer ses achats dans les locaux (les Ruches). La promesse est simple : des produits de qualité, élaborés par des artisans et des producteurs locaux. En revanche, si ce sont généralement de petits producteurs qui sont sélectionnés, rien n’indique si leur mode de production est intensif, raisonné, bio ou encore en permaculture.

Mais de nombreux acteurs un peu partout en France proposent ce type de service : de plus en plus d’épiceries se spécialisent dans les produits de terroir, les petits producteurs, souvent en proposant des produits bio. Il est parfois difficile de savoir où les trouver, mais rassurez-vous, il existe désormais un annuaire qui les référence : Pages du Terroir. Ce tout nouveau site permet de visualiser par région les épiceries, fermes, magasins ou coopératives où sont vendus des produits locaux / bio. Plus de 36 000 points de vente sont déjà référencés partout en France, et cela permet en quelques clics de savoir où trouver des produits locaux. Pour savoir où en trouver près de chez vous, rien de plus simple, cliquez-ici, choisissez votre région et commencez la recherche !

 

2 – Les associations paysannes

Autre symbole des alternatives à la grande distribution, les AMAP (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne). Ces coopératives naissent de la rencontre entre un groupe de consommateurs désireux d’acheter des produits de qualité localement, et d’un ou plusieurs producteurs. Ils se mettent d’accord pour créer un contrat de partage, le producteur s’engageant à fournir aux consommateurs des produits de qualité issus de sa ferme et les consommateurs s’engageant à payer le producteur un prix juste pour ses produits. La distribution est entièrement assurée par des bénévoles membres de l’AMAP.

Ce type de coopératives et d’associations paysannes permet d’une part aux consommateurs de bénéficier de produits frais, de qualité, la plupart du temps bio, et d’autre part au producteur de s’assurer un revenu régulier, non dépendant des contraintes de la grande distribution. Les AMAP sont peut-être l’une des premières et des plus sincères mises en pratique de l’économie collaborative et de l’économie sociale et solidaire, et ont le gros avantage de permettre à chacun de savoir ce qu’il mange, d’où viennent ses aliments, et comment ils sont produits. En effet, tout est défini à l’avance dans la charte, le contrat qui est passé entre les producteurs et les consommateurs. Les AMAP respectent 10 principes essentiels :

- Répartir les volumes de production afin de permettre au plus grand nombre d’accéder au métier et d’en vivre.
- Etre solidaire des paysans des autres régions d’Europe et du monde.
- Respecter la nature.
- Valoriser les ressources abondantes et économiser les ressources rares.
- Assurer la bonne qualité gustative et sanitaire des produits.
- Viser le maximum d’autonomie dans le fonctionnement des exploitations.
- Rechercher les partenariats avec d’autres acteurs du monde rural.
- Maintenir la diversité des populations animales élevées et des variétés végétales cultivées.
- Raisonner toujours à long terme et de manière globale.

Il existe des AMAP partout en France, et pour les trouver, rien de plus simple, il suffit de se rendre sur le site du Réseau AMAP, ici.

3 – Les ventes directes au producteur

Une autre manière d’éviter les circuits traditionnels de l’industrie agro-alimentaire, c’est de se tourner vers les ventes directes chez le producteur. De plus en plus de fermes proposent ce type de système : des cueillettes organisées à la ferme, des ventes sur le lieu de production, mais aussi des marchés de producteurs. Généralement, les producteurs qui mettent en place ce type de ventes se font connaître localement, et par le bouche à oreille. Mais certains sites internet tentent de les répertorier afin de permettre à chacun de s’y retrouver.

Par exemple, les sites comme mon-producteur.com, etiktable.fr, acheteralasource.com ou bienvenue-a-la-ferme.com permettent de savoir où trouver des produits vendus directemen par les petits producteurs dans sa région. Ainsi on peut véritablement avoir un regard sur ce que l’on mange, en étant directement en contact avec le producteur. Il y’a aussi une place de marché qui non seulement référence les producteurs à l’échelle nationale, mais aussi qui leur donne les moyens de vendre directement en ligne, c’est TousProducteurs.fr.

Certains producteurs se mettent aussi en commun pour créer des coopératives où ils font de la vente directe au consommateur. On peut en trouver certains sur etiktable.fr, ou encore via les marchés de producteurs qui s’installent un peu partout en France chaque année.

 

4 – Les jardins partagés ou l’agriculture urbaine communautaire

L’autre solution quand on veut changer son alimentation, c’est de faire pousser soi-même. Mais ce n’est pas toujours possible, notamment lorsqu’on habite en ville. Mais pas de panique, de plus en plus d’alternatives se mettent en place sur le territoire pour permettre à des consommateurs de cultiver en commun leur nourriture. Ce sont les jardins partagés et l’agriculture communautaire.

Dans les villes, on observe de plus en plus le développement de l’agriculture urbaine et des potagers communautaires. L’objectif est parfois simplement le loisir, mais de plus en plus de consommateurs se servent de ces terres cultivées en pleine ville pour remplir une partie de leurs assiettes. Les différents jardins/potagers communautaires à Paris peuvent se faire référencer sur le site de la ville ici.

Ces potagers sont une nouvelle façon se nourrir et de produire en communauté, sans passer par la grande distriution.

5 – L’autosuffisance alimentaire : c’est possible ?

Enfin, en dernier ressort si l’on veut vraiment être sûr de ce que l’on met dans son assiette, on peut se tourner vers l’agriculture à domicile en quelque sorte. Cultiver son propre potager, dans son jardin ou sur son balcon quand c’est possible, c’est ce que font de plus en plus de Français. La plupart de ces paysans des temps modernes utilisent les principes de la permaculture pour produire une quantité variée de fruits, de légumes ou encore de céréales.

Le phénomène prend une ampleur de plus en plus grande en France, comme en témoignent le développement sur les réseaux sociaux de groupes comme “Permaculture”Permaculture, solution définitive aux pesticides et à la faim” ou encore “Permaculture, projets micro fermes“, et où de nombreux cultivateurs éclairés partagent leurs expériences pour cultiver chez soi. Le mouvement se développe à tel point que désormais certaines histoires font le buzz, comme la fameuse “tour à patate” qui permettrait de faire pousser 100 kg de patates par an sur un balcon (une histoire dont on se permet tout de même de douter).

Que vous choisissiez de cultiver vous même où d’acheter à des producteurs, il existe donc de nombreux circuits alternatifs pour trouver des aliments plus sains, produits localement et dans des conditions plus responsables que ce qui est proposé par l’industrie agro-alimentaire.

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